Loisirs et solidarités des retraités

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Chaque mois sa poésie


 


 

 


 

Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.


Arthur Rimbaud (1854-1891)
Poésies


 


 

Mai s’en est allé         

Le mois de mai s’en est allé

Sans avoir tenu ses promesses

Vent, pluies, averses et même gelées

Ce  sont les souvenirs qu’il laisse.

  Nous, nous aurions aimé chanté

C’est le mai joli mai” en chœur

Ce mois nous a désenchantés

Et nous n’en avions pas le cœur

  De l’équinoxe du printemps

Nous pensions gentiment aller

Jusqu’au solstice de la Saint Jean

Vers l’été, gai et guilleret.

  Que nenni ! Les nues en folie

Des rayons du bel Apollon

Nous ont privé et nous voici

Notre moral dans les talons.         Texte de Jean-Pierre Frére


 

Mai
Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire, Rhénanes, Alcools, 1913

 

 


 

Janvier nous prive de feuillage ;
Février fait glisser nos pas ;
Mars a des cheveux de nuage,
Avril, des cheveux de lilas ;

Mai permet les robes champêtres ;
Juin ressuscite les rosiers ;
Juillet met l’échelle aux fenêtres,
Août, l’échelle aux cerisiers.

Septembre, qui divague un peu,
Pour danser sur du raisin bleu
S’amuse à retarder l’aurore ;

Octobre a peur ; Novembre a froid ;
Décembre éteint les fleurs ; et, moi, 

L’année entière je t’adore !

            

Louise-Rose-Étiennette Gérard, dite Rosemonde Gérard, née le 5 avril 1866 à Paris où elle est morte le 8 juillet 1953, est une poétesse et comédienne française. Elle fut l'épouse d'Edmond Rostand.

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